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Arthur FOSSO

De graphiste à entrepreneur vision-naire, Arthur FOSSO incarne la créativité et l’excellence dans le monde de la communication en Afrique. Fondateur de son agence, il ne se contente pas de manager : il crée des emplois et explore de nouveaux marchés à travers le continent. Toujours en quête d’opportunités, il allie imagination, stratégie et leadership pour faire grandir son entreprise et inspirer la nouvelle génération de jeunes créatifs et entrepreneurs.

1- Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a poussé à passer du graphisme à la création de ton agence de communication ?
Au début, le graphisme était pour moi plus qu’un métier : c’était une façon de donner vie aux idées, de transformer une émotion en image. Mais très vite, je me suis rendu compte que mes créations ne suffisaient plus… Ce que je voulais vraiment, c’était accompagner des marques, des personnes, des projets dans toute leur histoire, et pas seulement leur offrir un logo ou une affiche. Ainsi, j’ai pris un risque : j’ai quitté ma zone de confort de graphiste pour créer une agence de communication. Pour moi, ce n’était pas un choix facile, car au départ je n’avais ni moyens ni certitudes. Mais j’avais cette conviction profonde : la communication peut changer le destin d’une entreprise, tout comme un mot ou un geste peut changer la vie d’une personne. Aujourd’hui, chaque campagne, chaque projet mené avec mon équipe est pour moi une victoire, non pas personnelle, mais humaine. C’est la preuve qu’oser suivre son intuition, même quand on a peur, peut ouvrir les plus belles portes.
2- Quelles ont été les plus grandes difficultés que tu as rencontrées en te lançant dans l’entrepreneuriat, et comment les as-tu surmontées ?

Honnêtement, la plus grande difficulté n’a pas été le travail en lui-même, mais plutôt ma jeunesse. J’ai lancé Legrand WEB Services alors que j’étais encore étudiant en Master 1 de génie civil, faisant partie de ceux qu’on qualifie de « un pied à l’école, un pied dans le business ». Le génie civil et la communication étant deux disciplines distinctes, il était très difficile pour moi de les concilier. Même lorsque j’ai pu trouver un pont de gestion, lors de mes dépôts d’offres de services, les clients avaient toujours tendance à me demander à chaque rendez-vous : « Et ton patron, il vient à quelle heure ? »
Pour surmonter cette difficulté, je me suis investi totalement dans la valorisation de mon image.

3- Aujourd’hui, tu es présent dans plusieurs pays d’Afrique : comment abordes-tu l’expansion et la recherche de nouveaux marchés ?
Pour moi, l’expansion n’a jamais été une question de chiffres ou de territoire, mais une question de cœur. Être présent au Cameroun et au Burkina Faso, ce n’est pas seulement « ouvrir des marchés » : c’est rencontrer des histoires, des cultures, des talents, des rêves. Quand j’arrive dans un nouveau pays, je ne viens pas imposer un modèle, je viens d’abord écouter : écouter les gens, comprendre leurs réalités, leurs besoins, leurs douleurs, leurs espoirs. C’est cela, pour moi, la véritable recherche : aller à la rencontre de l’humain avant de penser au business. Bien sûr, il y a des études, des stratégies, des analyses… Mais ce qui guide mes pas, c’est avant tout cette conviction : si tu respectes les gens et comprends profondément leurs aspirations, alors ton projet trouvera toujours sa place.
Chaque nouvelle implantation, pour moi, c’est un peu comme planter une graine. On ne sait pas exactement comment l’arbre grandira, mais on sait une chose : si la graine est mise dans un bon sol, avec amour et patience, elle donnera toujours quelque chose de beau.
4- En tant qu’entrepreneur audacieux, quel projet ou décision a marqué un tournant dans ton parcours ?
Je me souviens d’un moment précis qui a changé ma vie. J’étais au bord de tout arrêter. Mon agence venait à peine de naître, je n’avais presque pas de clients, et les factures s’entassaient. Un soir, j’ai reçu un appel d’une structure qui voulait que nous réalisions le spot du premier ordinateur 100 % Burkinabè. Ils ne nous ont demandé aucune expérience ; la seule question qui revenait était :
« Est-ce que vous pouvez ? » Le lendemain, après avoir envoyé l’offre technique du projet, j’ai reçu un appel de la structure nous indiquant qu’ils accusaient réception, mais que la deadline que nous avions fixée à un mois était largement supérieure à ce qu’ils pouvaient nous offrir. Nous avions exactement 10 jours pour réaliser ce spot 3D. Avec l’équipe, nous avons travaillé jour et nuit, en mettant toute notre âme, notre énergie et notre passion. Le jour J, nous avons pu livrer le projet avec quelques petites erreurs et beaucoup de sommeil dans les yeux. J’avoue que c’était la première fois que je travaillais sous une telle pression, mais avec une référence de cette envergure dans notre portfolio, nous étions prêts à franchir une étape supérieure avec l’agence. À ce moment-là, j’ai compris que mon métier n’était pas seulement de « faire du graphisme » ou de « faire de la communication ». Mon métier, c’était d’élever les rêves des autres, même les plus petits, et de leur donner une voix. Ce projet a été un tournant dans ma vie. Je ne cesserai jamais de remercier cette dame qui avait cru en nous, car il m’a rappelé pourquoi j’avais commencé : pas pour l’argent, pas pour la reconnaissance, mais pour changer des vies à ma manière. Et ce jour-là, j’ai promis que, peu importe la difficulté, je continuerai toujours à avancer avec cette audace : celle de croire en l’impossible.
5- Comment parviens-tu à allier management, stratégie et créativité dans ton agence ?
Au départ, je pensais que le management, la stratégie et la créativité étaient trois mondes séparés. Mais en construisant Legrand WEB Services, j’ai compris qu’en réalité, ce sont trois battements d’un même cœur. La créativité, c’est l’âme de notre agence. Mais la créativité seule, sans stratégie, c’est comme une lumière sans direction. La stratégie devient alors notre boussole : elle nous permet de canaliser cette énergie créative vers des résultats concrets pour nos clients. Ensuite, il y a le management… qui, pour moi, n’est pas juste « diriger une équipe ». C’est prendre soin d’une famille. Chez Legrand WEB Services, chaque collaborateur n’est pas seulement un collègue, c’est une voix, un talent, une histoire. Comment j’allie tout ça ? En écoutant. Parce qu’au fond, ce n’est pas seulement une agence de communication que j’ai voulu bâtir, mais un lieu où la stratégie rencontre la passion, où le management rime avec bienveillance, et où la créativité devient un langage universel.
6- Selon toi, quelles qualités sont indispensables pour un jeune créatif qui souhaite devenir entrepreneur et créer des emplois ?
Je crois que la première qualité, c’est le courage. Parce qu’au début, tu n’as pas les moyens, tu n’as pas la reconnaissance, parfois même tu n’as pas le soutien. Tout ce que tu as, c’est ton idée et ton cœur. Il faut avoir le courage de se lever chaque matin et d’y croire même si tu n’as eu aucun profit la journée précédente même quand personne n’y croit. La deuxième qualité, c’est la patience. Le succès est comme une plante : tu sèmes aujourd’hui, tu arroses demain, tu continues malgré le soleil brûlant ou la pluie battante… et un jour, tu vois une petite pousse sortir. C’est ce jour-là que tu comprends que tes efforts n’étaient pas vains. La troisième qualité, c’est l’amour de l’humain. Créer une entreprise, ce n’est pas seulement chercher du profit, c’est créer des emplois, c’est changer des vies. Si tu n’aimes pas les gens, si tu ne cherches pas à les élever avec toi, tu n’iras jamais loin.
7- Comment ton expérience de graphiste influence-t-elle encore ta vision et ton approche de la communication aujourd’hui ?
Avant d’être ingénieur en génie civil, le graphisme est ma première langue. Avant même de savoir gérer une agence, avant même de parler de stratégie ou de management, j’ai appris à parler avec des couleurs, des formes, des images. Et ça, ça ne me quittera jamais. Mon expérience de graphiste influence tout ce que je fais aujourd’hui, parce qu’elle m’a appris une chose essentielle : derrière chaque projet, il y a une émotion à transmettre. Une affiche, un logo, une campagne… ce ne sont pas juste des outils de communication. Ce sont des ponts entre une marque et le cœur des gens. Encore aujourd’hui, quand je dirige une équipe ou que je construis une stratégie pour Legrand WEB Services, avant d’allier mes compétences d’ingénieur à la résolution de problèmes complexes, je garde cette sensibilité de graphiste : je cherche toujours à savoir « quelle émotion allons-nous faire vivre ? ». Parce qu’au fond, les gens n’oublient pas un design parfait ni une stratégie bien calculée… Ce qu’ils n’oublient jamais, c’est ce qu’ils ont ressenti.
8- Si tu devais résumer ton parcours et ta philosophie en une phrase, laquelle serait-elle ?
« J’ai commencé très jeune avec des rêves et presque rien dans les mains… et aujourd’hui, je continue à bâtir avec la même foi : celle de croire que la communication peut changer des vies. »
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