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Cyriol MBIADJEU

De la géographie aux stratégies digitales, Cyriol MBIADJEU incarne l’audace et la réussite d’une reconversion inspirante. Aujourd’hui Digital Marketing Strategist chez MMA Digital Agency, il accompagne des marques de renom telles que Chococam, Easy Ride, Business Cars ou encore Sanlam Allianz, en leur proposant des solutions innovantes et adaptées à l’ère numérique. Maîtrisant parfaitement les codes de la communication et du marketing di- gital, il excelle par son savoir-faire et son sens stratégique, faisant de lui l’un des jeunes acteurs incontournables du digital en Afrique.

1- Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a poussé de la géographie au marketing digital ?
Après un diplôme en Environnement, Risques et Développement Durable, j’ai commencé par un stage chez DIGITAL BOSS. Mon enthou-siasme et ma polyvalence m’ont rapidement valu d’être repositionné comme Responsable des opérations pour PASS 237, une startup en lancement. Là, j’ai travaillé directement avec Christian MONKAM, alors consultant en communication, qui est devenu mon mentor. En l’observant travailler et en posant mille questions, j’ai découvert que le marketing digital me passionnait. J’ai commencé comme Community Manager freelance pour COMM EXPERTS (la boîte de Christian), tout en continuant mes responsabilités opérationnelles. Progressivement, je me suis reconverti : Social Media Manager, Responsable de contenus, Project Manager puis, aujourd’hui Digital Marketing Strategist chez MMA Digital. Le fil rouge de ce parcours reste la curiosité, l’apprentissage sur le terrain et la pratique concrète.
2- Quelles ont été les principales difficultés de cette reconversion et comment les as-tu surmontées ?
La principale difficulté a été l’absence d’une formation initiale en marketing : il manquait les cadres théoriques, les réflexes stratégiques et certains repères techniques. Pour compenser, j’ai adopté l’autodidactisme intensif : certifications, lectures spécialisées, échanges avec des experts et surtout pratique systématique sur des projets réels. Le mentorat de Christian a joué un rôle crucial : ses retours, son coaching et la confiance qu’il m’a accordée m’ont permis d’apprendre vite. Les réunions clients, les briefs exigeants et les itérations constantes sur les campagnes ont fini par forger les compétences manquantes.
3- Parmi tes collaborations (Chococam, SanlamAllianz, Ibis, Easy Ride, Business Cars…), quel projet t’a le plus marqué et pourquoi ?
Deux projets se détachent particulièrement. D’abord, la caravane Tartina 2024 avec Chococam, qui a été mon premier grand projet digital : l’enjeu consistait à créer de l’engagement sur le terrain et à l’amplifier en digital, et nous avons réussi à générer une viralité positive en ligne qui a rempli les sites de la caravane et dépassé tous les KPI fixés. Voir la marque devenir « populaire en ce moment » sur Facebook a été une vraie fierté. Ensuite, le rebranding digital de SanlamAllianz, où l’exigence stratégique était élevée : harmoniser l’identité et la communication de deux géants exige rigueur, gouvernance et une feuille de route progressive pour préserver la confiance des audiences tout en déployant une nouvelle narration digitale.
4- En tant que Digital Marketing Strategist, quelle est ta vision d’une bonne stratégie digitale pour une marque ?
Ma conviction est qu’il n’existe pas de marketing digital parfait, mais un marketing digital adapté. Une bonne stratégie doit être alignée sur des objectifs business clairs, centrée sur l’utilisateur et pensée comme un parcours (acquisition, activation, conversion, rétention). Elle doit être multicanale et cohérente, s’appuyer sur la data pour définir des KPIs et guider les tests, et rester flexible pour pouvoir itérer rapidement. Enfin, elle nécessite une gouvernance claire : décisions, responsabilités et processus de validation. Humilité, rigueur et capacité à apprendre font la différence entre une idée intéressante et une stratégie qui performe.
5- Quelles sont les erreurs fréquentes des entreprises dans leur communication digitale ?
Comme le dit souvent mon mentor Christian : « Avant d’être du digital, c’est d’abord du marketing. » Trop d’entreprises traitent encore le digital comme un simple relais publicitaire (un post, un boost) sans véritable stratégie ni parcours client, et limitent parfois le digital aux seuls réseaux sociaux. On observe aussi une incohérence de la marque : messages et visuels disparates selon les plateformes, ce qui brouille l’identité. Beaucoup négligent la mesure : absence de KPIs clairs et de suivi, donc pas d’amélioration systématique. L’expérience client est souvent mal optimisée (site lent, tunnel de conversion confus), ce qui fait perdre des opportunités. Enfin, certaines entreprises ignorent leur communauté, répondent rarement et ne capitalisent pas sur le feedback. Le remède consiste à définir une stratégie structurée, à standardiser l’identité et les messages, à mesurer et automatiser intelligemment, et à cultiver une vraie relation avec son audience.
6- Comment restes-tu à jour dans un domaine aussi évolutif ?
Rester à jour relève d’une pratique active : veille quotidienne, certifications, webinaire et échanges avec des pairs, complétés par la mise en œuvre concrète de nouvelles approches sur des projets tests. En agence, nous organisons des sessions de partage après chaque campagne pour capitaliser sur les apprentissages. Mais, au final, c’est la pratique, l’expérimentation et le débriefing qui ancrent le savoir et permettent de s’adapter aux évolutions rapides du secteur.
7- Quel rôle joue l’Afrique dans l’innovation digitale, et comment les entreprises locales peuvent mieux en profiter ?
L’Afrique est un laboratoire d’innovation : adoption mobile massive, solutions fintech qui résolvent des ruptures d’accès, et une créativité culturelle qui alimente des formats de contenu uniques. Pour tirer parti de cet élan, les entreprises locales doivent investir dans le développement des talents, localiser les produits et messages selon les comportements et les langues, construire des partenariats stratégiques (startups, opérateurs, acteurs locaux) et privilégier l’expérimentation rapide avec une montée en échelle maîtrisée. Ce terreau permet de créer des solutions exportables vers d’autres marchés africains, à condition d’avoir une ambition structurée et une capacité à apprendre.
8- Quel conseil donnerais-tu à un jeune diplômé qui veut se réinventer comme toi ?
Sois curieux, pratique beaucoup et construis un portfolio concret. Trouve un mentor, accepte les petits rôles formatifs et saisis les opportunités qui te permettent d’apprendre sur le terrain. Reste patient et persévérant : la reconversion se gagne projet par projet. Enfin, cultive ton réseau et n’arrête jamais d’apprendre. La combinaison d’humilité, d’effort et de pratique est souvent la clé du succès.
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