
De Bafang à Douala, puis au-delà des frontières africaines, Landry TOUKAM a tracé son chemin dans l’univers de l’audiovisuel avec passion et détermination. Graphiste, photographe, DA, et réalisateur, il nous ouvre les coulisses de ses créations, partage ses défis et ses réussites, et nous montre comment l’art visuel peut devenir un véritable vecteur d’inspiration et d’innovation.
Landry, peux-tu nous parler de ton enfance à Bafang et de ton arrivée à Douala, et comment ces expériences ont influencé ton parcours artistique ?
Je suis né au village, où mon passe-temps favori était de fabriquer des voitures en bambou et avec des boîtes de sardines. Puis il y a eu le dessin, réalisé à la craie sur le tableau d’étude de la maison… C’était le début de mon initiation.
Qu’est-ce qui t’a poussé à quitter l’électrotechnique pour te lancer pleinement dans l’art visuel ?
L’électrotechnique a été un domaine que j’ai aimé, mais c’est aussi la première fois de ma vie où j’ai échoué une classe scolaire, en 1ère F2. C’est à ce moment-là que j’ai compris que ce n’était pas fait pour moi. Six mois plus tard, j’ai arrêté les études secondaires et commencé une formation en infographie.
Comment tes formations en infographie et en réalisation audiovisuelle ont-elles façonné ton style et ta vision créative ?
Ce ne sont pas mes formations qui ont façonné mon style… Les formations sont faites pour acquérir la technique ; le style et la vision viennent par eux-mêmes.
Quels ont été tes premiers projets marquants qui t’ont permis de te faire connaître dans le milieu culturel camerounais ?
Mon tout premier clip vidéo a été diffusé à la télévision en 2013… entièrement réalisé avec des amis du quartier avec nos argents de poche. Le clip vidéo “COP MONEY – Soldier” (sur YouTube).
Tu as travaillé avec de nombreux artistes et sur des projets internationaux : comment gères tu la diversité des attentes et des styles ?
C’est une connexion naturelle : quand les styles s’accordent, il n’y a plus rien à dire. J’ai travaillé avec beaucoup d’autres grands noms à l’inter- national dont les projets ne sont jamais sortis, parce que la connexion artistique n’y était pas.
En tant que directeur artistique chez G-Com et freelance pour des clients comme CIMEN- CAM, comment concilies-tu créativité, gestion et exigence client ?
C’est le côté le plus difficile du métier, mais tout est une question d’organisation… Nous avons la mauvaise habitude de justifier nos retards auprès de nos clients ou de nos patrons. C’est ce que je combats au quotidien et je pense que c’est aussi l’une de mes plus grandes forces : trouver le juste milieu entre créativité, productivité et rapidité.
Peux-tu partager un projet ou une collaboration qui t’a particulièrement challengé et ce que tu en as retiré ?
Je ne vois pas les projets comme des challenges, car je maîtrise mes logiciels : dès que j’aitrouvé la bonne piste, je peux les réaliser en une heure. En revanche, apprendre un nouveau logiciel et maîtriser la modélisation ainsi que l’habillage 3D a été l’un de mes plus grands challenges, car c’était la condition fixée par l’agence pour augmenter mon salaire, et je l’ai fait.
Comment observes-tu l’évolution du secteur audiovisuel et de la direction artistique en Afrique aujourd’hui ?
Il y’a beaucoup d’enthousiasme et de motivation des créatifs et autres mais peu d’évolution…
Enfin, quel projet représente le plus pour toi et pourquoi, que ce soit sur le plan créatif ou personnel ?
J’en ai tellement que je ne sais pas quoi choisir… Mais je prendrais le projet qui m’adonné le plus de contact, de visibilité et d’émotion : la gestion de tous les projets visuels de la chanson COLLER LA PETITE de FRANKO de 2015 à 2017. Un tube mémorable
Quels conseils pratiques donnerais-tu aux jeunes qui rêvent de réussir dans l’audiovisuel ou la communication visuelle ?
Comme toujours je dirais :
– LA PASSION, c’est ce qui permet de surmonter les périodes de galère.
– LA PATIENCE, c’est ce qui empêche la frustration par les travaux des autres.
– LE TRAVAIL, Apprendre de tout et de rien, apprendre et s’inspirer même regardant la télé.
